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livres Pierre Moreno, Le Potager de Nietzsche


L'argument

Pierre : Bonjour Pierre. Tout d’abord, merci de m’accueillir. Je sais que vous êtes très sollicité.

Pierre : Je vous en prie mon cher Pierre, c’est toujours un plaisir de vous recevoir.

Pierre : Alors tout d’abord, comment vous est venue l’idée de cette pièce ?

Pierre : C’est en déambulant sur le marché de la petite ville d’Esperanza que la chose m’est apparue. On y rencontre toutes sortes de guérisseurs, de thérapeutes, de mages, de chamanes…

Pierre : Une sorte de cour des miracles en quelque sorte ?…

Pierre : Si vous voulez, avec son cortège de poètes, de rêveurs, d’illuminés, à la fois navrants et touchants.

Pierre : On ne peut s’empêcher, en découvrant la personnalité d’Armand, votre omnithérapeute, de penser à Knock…

Pierre : Bien sûr… D’ailleurs, j’avais joué son rôle en classe de cinquième. Cela vous revient ?

Pierre : C’est moi qui pose les questions ! Et pourquoi ce goût pour les guérisseurs, les thérapeutes ?

Pierre : Ce sont les meilleurs comédiens ! Et voyez comment, avec une bonne dose de mensonge, le monde se porte mieux…

Pierre : C’est comme si, dans votre pièce, le mensonge équivalait à la guérison.

Pierre : Absolument, Pierre. Un beau mensonge aura toujours plus de gueule qu’une simple vérité. La vérité est toujours nue, fragile et pâle comme un macchabée de série B. Un mensonge ne sort jamais sans être magnifiquement maquillé, habillé, et bigarré de mille couleurs.

Pierre : Ainsi, le mensonge vous fascine ?

Pierre : Bien sûr, les grands menteurs sont aussi de grands magiciens. Et qui n’aime pas assister à un bon spectacle de magie, n’est-ce pas ?

Pierre : Je pose les questions…

Pierre : Pardon…

Pierre : Votre personnage est un manipulateur de génie, un imposteur, qui profite de la naïveté de ses auditeurs. Ne serait-ce pas une métaphore du théâtre ?

Pierre : …

Pierre : Ou de l’écriture en général, si vous préférez.

Pierre : Certains pourront le voir de cette façon. Mais pas tous…

Pierre : La vérité sur cette pièce à présent !

Pierre : Quoi ? Quelle vérité ?

Pierre : Ce pseudo-thérapeute, ce mystificateur que vous aimez tant, c’est un peu vous ça, non ?

Pierre : Moi ? Comme vous y allez. A croire que vous me connaissez intimement…

Pierre : Eh bien, si on regarde un peu sur les côtés et sur les bords de votre œuvre...cela vous ressemble bien…

Pierre : Bien sûr, qui ne porte pas en soi une part de mensonge, de désir de…

Pierre : De pouvoir ?

Pierre : Oui, de pouvoir, de fascination…

Pierre : De tromperie, d’illusion ?

Pierre : Un peu aussi, c’est vrai, cela fait partie de mon mystère. Mais ce n’est pas bien méchant, ce n’est que du théâtre vous savez.

Pierre : Le théâtre vous permet d’assouvir cette part mystérieuse ?

Pierre : Oui, le temps de la représentation. Mais n’oubliez pas que ce mensonge se veut, à l’arrivée, au service d’une vérité.

Pierre : Finalement, Armand cristallise à la fois le désir insensé du disciple, le mensonge éhonté du maître, et la vérité d’un pauvre monde à la recherche d’un idéal ?

Pierre : Oui, vous avez raison. Il est tout cela, et j’espère qu’il fera rire. Vous avez ri ?

Pierre : Cher auteur, dernière question : continuez-vous à vous interroger, et à travers vous, d’interroger l’Homme ?

Pierre : Je m’interroge tous les jours sur un tas de choses. Seuls les morts ne s’interrogent plus vous savez…C’est curieux comme vous semblez bien me connaître…

Pierre : Tout est une question de préparation, et de passion.

Pierre : C’est vrai ? Je vous passionne ?

Pierre : Merci Pierre de m’avoir reçu. Vous permettez que je vous embrasse ?

Pierre : On ne reçoit jamais trop de tendresse. Embrassons-nous.


Dans cette pièce de théâtre à l’humour acide, l’auteur nous dépeint un manipulateur de haut vol, habile à contrefaire le thérapeute des âmes et le Grand Initié : Comédien assumé, Armand-Apis a pris son parti : puisque la vérité pourrait être déplaisante, ne vaut-il pas mieux fournir aux gens ce qu’ils désirent, – une agréable illusion qui les distraie du spectacle de leur mort prochaine comme de leur insignifiance ? C’est un Knock modernisé, en accord avec notre époque. Les médecins n’en imposent plus ; leur ancienne autorité aujourd’hui en berne, s’est reportée sur les gourous, chamanes et autres experts du « développement personnel ». Mais peut-être que les véritables héros de la pièce, ce sont les « malades », Alice et Rita, Paul et Duncan, avec leur difficulté de vivre, leur soif de percer le mystère de la vie, leur tragique désir de faire confiance à un homme...

Blaise Join-Lambert, le 14/02/2017




L'extrait

Duncan : Si je peux me permettre, je ne sais pas comment s’appelle vos… votre… méthode.

Apis : Il n’y a pas de méthode, pas de livre, pas d’école… Il n’y a que la Vie, et tout ce qu’elle contient. Les autres ne saisissent qu’une feuille du grand Arbre, et ignorent le reste du feuillage. La terre, le ciel, les nuages, les étoiles, les sons, les odeurs, toute la grande mélodie du monde ! Il n’existe pas une thérapie, comme il n’existerait qu’un visage. Pourquoi s’enfermer dans un cercle unique ?

Données techniques

Pierre Moreno
Le Potager de Nietzsche (ou L'Omnithérapeute)
Théâtre
Collection Coupe-Papier
78 pages
Parution en Janvier 2017
15 euros
ISBN 978-2-919483-46-4
ISSN 2426-3192


Version papier : 15,00 EUR



Version numérique : 2,50 EUR
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